Jacob LEGROS candidat à la Présidence de la F.F.E, 3ème fédération sportive de France

Rencontre avec Jacob LEGROS, candidat à la Présidence de la Fédération Française d'Equitation

Quelle idée vous faites-vous de la Présidence de la F.F.E ?

Je dois vous dire que je  n’ai pas bâti ma vie, ni fait une pause en me disant « demain je serai le Président de la Fédération ! ». J’ai fait ce choix parce que je trouvais que, avec une seule candidate, le débat démocratique n’allait pas avoir lieu ce que me semblait dommage. Comme je ne suis pas d’accord avec les propositions d'Anne de Sainte Marie, que  je ne suis pas obligatoirement d’accord non plus avec l’actuel Président sur la gestion des budgets (Serge Lecomte dont la décision à cette heure de se représenter ou pas est inconnue NDLR)  il faut donc bien qu’il y en ait un qui propose autre chose. Les 42 millions d'euros de budget existent mais ils ne sont pas très bien répartis sur le terrain ; la crise COVID nous a montré que le Président actuel n’a pas été très généreux avec nos structures et nous sommes dans l'obligation d'agir individuellement pour demander le soutien de nos collectivités. Je n'ai rien à perdre. Je souhaite être le Président de toutes les structures équestres adhérentes de France et pas uniquement de celles basées autour du siège fédéral. Si je ne suis pas Président demain mais que mes idées peuvent servir, ça honorera mes équipes parce que je ne suis pas seul à bosser.

A part délivrer des licences, que fait la F.F.E ?

La F.F.E n’est pas qu’une assurance-licence ! C’est un panel d’activités et une base réglementaire pour les structures adhérentes, un service aux licenciés et de ces services dépend l’économie des clubs. La Fédération est une institution qui gère les disciplines équestres, les règlements, la formation, les officiels de la  compétition et le Haut Niveau national et international. L'équitation commence par l'éducation  avant même l'enseignement. Les enseignants sont donc des éducateurs qui apprennent aux élèves à aborder un poney ou un cheval et cette sensibilisation doit passer par la Fédération. Tout au long de sa vie le cavalier va évoluer, progresser et enrichir son savoir. Pour moi, l'un des rôles de la Fédération est de savoir former les formateurs.

Le particulier qui choisit une structure équestre est peu sensible aux labels fédéraux apposés à l'entrée et a du mal à savoir d'ailleurs ce qu'ils représentent. Pourquoi ?

Les labels existants sont obsolètes et ne tiennent pas compte des besoins et des avis du  consommateur ! Pour mettre en place notre label Occitanie Passion Equitation, j'ai créé dans la région que je préside la Commission des Pratiquants sur 3 axes :  le déroulement des compétitions, la sensibilisation aux risques de pédocriminalité et la prise en considération du licencié propriétaire. Il me paraît important de ré-intégrer le pratiquant au sein de la Commission. Je l'ai fait au niveau régional, je ne vois aucun problème à le faire au niveau national.  La Fédération doit fédérer.  Dans mon programme, j'envisage d'intéresser les clubs à la vente des licences. Bien sûr il est de leur intérêt d'avoir plus de licenciés, mais ils devront s'engager sur le bien-être animal, l'éthique, l'éco-responsabilité, et tenir compte des besoins des pratiquants.

Comment expliquez-vous une telle disparité dans les tarifs des structures équestres et l'absence de lisibilité ?

Ca c'est un problème ! Il faut savoir qu' il y a des structures qui font travailler ou travaillent au black en se camouflant derrière un statut associatif. Autour de la carrière c'est du fil de fer, les sols sont durs et dangereux et/ou les enseignants non diplômés ! Ces structures n'ont pas de charges et proposent des tarifs impossibles à tenir pour des vrais professionnels qui garantissent, eux, le bien-être animal, la sécurité et la compétence de l'enseignement. Cette disparité est inadmissible  pour les consommateurs et les pros ! Mon idée est d'adapter, en concertation, un prix conseillé tenant compte des spécificités territoriales, la pédagogie et l'information transparente. La démocratisation de l'équitation ce n'est pas appliquer un prix au ras des pâquerettes !  Actuellement, quand on fait au plus bas il est impossible de garantir la sécurité. Un dirigeant de structure équestre est un chef d'entreprise dont le salaire doit  tourner entre les 2500 et 4000€. Et ce n'est pas une honte.  Je peux vous dire qu'aujourd'hui on est loin du compte ! On travaille 7 jour sur 7, environ 12h par jour 365 jours par an. Le non-stop a un prix et cette réflexion économique ne me fait pas peur. Ca serait même un progrès ! C'est pour cette raison que mon programme est de développer un cursus fédéral  et un cursus libéral.

Je veux sortir du schéma pyramidal actuel c'est à dire la Fédération en haut, les Comités Régionaux, les Comités Départementaux puis les clubs et enfin les pratiquants. Résultats ? Très peu de communication et d'avancées ! C'est pour cela que je veux un maillage territorial circulaire pour que l'on puisse échanger et progresser avec des compétences et des moyens. Ces moyens doivent venir d'une rétrocession fédérale plus juste vers les régions.  Il est urgent de faire entrer l'équitation dans le XXI siècle et de reprendre les bases de l'équitation c'est à dire la basse école. C'est bien beau d'apprendre à sauter, tourner avec les mains et le regard, mais celui ou celle qui ne prend pas en compte les limites physiques du poney ou du cheval n'est pas un homme ou femme de cheval moderne. Prendre conscience du fonctionnement du cheval et du poney est la base primordiale du bien-animal et doit être appliqué partout. Y compris dans le passage des examens fédéraux à venir et en formations. Cette base commune devient alors un gage de qualité et de crédibilité ; après, à chacun de s'exprimer dans les disciplines de son choix. Continuer d'apprendre est incontournable, de quelque côté où l'on se place. Ce qui me préoccupe moi,  c'est transmettre le savoir à la génération qui pousse dernière nous . Aujourd'hui un moniteur avec 10 ans de métier est toujours au SMIC ! Ce n'est plus possible. J'ai envie de laisser à  cette génération qui arrive une équitation en bon état et cela passe par les formations. Une formation adaptée c'est de l'emploi.

Quel est votre regard sur la détection des jeunes talents à poney pour accéder aux épreuves internationales ?

Le circuit Tournée des As est le circuit qui fabrique les équipes de France Poney de demain puis, à moyen terme, l'équipe de France Jeunes Cavaliers.  Je souhaite que la détection des talents soit réalisée dans les clubs et confiée aux Comités Départementaux et Régionaux. Des regroupements avec des experts et cavaliers de Haut Niveau par discipline permettront d’accompagner ces jeunes talents dans leur cursus de formation cavalière et d’accession vers le Haut Niveau. C'est une manière innovante d’anticiper un avenir professionnel car il ne faut pas oublier que le Haut Niveau c'est un métier.  En Occitanie, j'ai mi en place des journées de détection avec des critères précis et rigoureux sur les 3 disciplines olympiques. En CSO par exemple, un cavalier de 8 ans qui est sur une Club 1 ou une P Elite pour moi c'est déjà du Haut Niveau. La progression se fait en fonction de l'âge et des difficultés du parcours. Le Haut Niveau poney aujourd'hui a des résultats partout et Olivier BOST (sélectionneur des équipes de France Poney et Jeunes Cav' NDLR) n'a pas à rougir de son palmarès. Cependant il n'y a assez d'ouverture pour faire progresser le niveau ; il faut donc élargir la détection à un plus grand nombre pour avoir ainsi un large vivier, tout en relativisant l'élitisme. La Fédération n'a pas vocation a prendre en charge l'un plus que l'autre de ces jeunes talents mais son rôle est de leur trouver des sponsors. Pour cela, la priorité de la F.F.E passe par la re-médiatisation de nos grands champions, des épreuves mondiales et nationales, que l'on doit savoir présenter aux médias. Avec de la visibilité le sponsoring est plus facile

Le rôle institutionnel de la Fédération est de proposer, avec les organes décentralisés, un projet de loisir et/ou un projet sportif adapté à chacun de ses licenciés : compétitions et finales à tous les étages, équitation pleine nature, pour tous les publics, valides et handicapés. Ma fonction de Président de la Fédération sera d’accompagner les structures dans leur volonté de se spécialiser ou de se diversifier. Il n’y a pas un modèle à généraliser, à promouvoir ou à imposer mais plutôt une volonté de soutenir les orientations choisies par les professionnels en direction des licenciés. ©

CL

Pour aller plus loin :

- Collectif Alternative Progrès, la page FB du candidat Jacob Legros et son équipe https://www.facebook.com/UnNouveauCAPpourlEquitation/ 

- C.R.E Occitanie, la page FB du Président du Comité Régional d'Equitation https://www.facebook.com/presidentcrellr

Crédit photos Collectif Alternative Progrès

07-01-2021